
Ce
n'est pas un poisson amusant à pêcher, mais son intérêt
culinaire mérite de faire quelques efforts. Elle peut être
comparée à la mouette des rivages ou au corbeau de nos
campagnes car elle se précipite sur tout animal mort. Jadis elle
pullulait dans toutes nos rivières, préférant les
coins sombres, vaseux, les bras morts. L'anguille peut aussi se promener sur les prairies, voire traverser
plusieurs champs, pour aller dans un autre cours d'eau.
La
folie des hommes a pratiquement réussi à l'éradiquer
de bon nombre de nos ruisseaux et rivières. Qui n'a pas constaté
cette prolifération de barrages, de turbines, de moulins d'opérette
... empêchant l'anguille et les autres poissons d'accomplir leurs
migrations ? Je vous le dis tout net : cela fait 10 ans que je n'en ai plus péché sauf
une. |
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Pêcheurs, mes frères, abstenons-nous de pêcher l'anguille et d'en acheter (sauf évidemment l'anguille d'élevage). Le plan Européen
de sauvegarde a le mérite d'exister mais il n'est pas assez drastique,
dommage !
Incitons nos instances à aller plus loin.
Mais
revenons à nos assiettes ! L'anguille constitue un mets
raffiné, sa taille peut varier de 40 cm à 1 mètre
et sa préparation doit être impérativement adaptée
à sa taille :
- En dessous de 55 centimètres, elle peut être poêlée,
frite, mise en matelote.
- Au-dessus de cette taille elle est généralement plus
grasse et plus dure aussi, nous lui réserverons donc des préparations
plus drastiques : matelote, ragoût, ou même court-bouillon.
Un
détail d'importance, j'épiaule toujours l'anguille
et ce pour deux raisons principales :
- Elle est ainsi plus facile à cuire (on constate facilement
le degré de cuisson).
- Et c'est tout bonnement meilleur !
Comment
l'épiauler, c'est à dire ôter la peau ? Tout
simplement avec un vulgaire Opinel, inciser la peau juste derrrière
la tête, soulever légèrement la peau et à
l'aide d'un chiffon quelconque saisir la peau décollée
et tirer avec force et continuité jusqu'à la queue.
Pour les plus grosses j'utilise, tout bêtement, ma ficelle
à dépouiller les lapins pour les pendre et rendre
ainsi l'opération moins astreignante.
Anguille en matelote
| Ingrédients |
- 1 belle anguille (800 g à 1 kg),
- 1 bouquet garni,
- Persil frisé,
- 3 oignons roses de Roscoff,
- 25 cl de vin blanc,
- 25 cl de bouillon de légumes,
- 2 cuillerées à soupe de cognac,
- 1 belle carotte coupée en rondelles fines,
- 15 champignons de Paris,
- 30 g de farine ordinaire,
- 30 g de beurre baratté salé,
- Sel, poivre. |
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Choisissez une belle anguille.
Retirez-lui la peau, videz-la, coupez la tête et les nageoires.
Tronçonnez l'anguille en morceaux de 6 cm environ.
Dans une grande casserole, déposez le bouquet garni, les oignons coupés en lamelles, la carotte coupée en fines rondelles.
Versez le vin (par exemple : Auxerrois, Edelzwicker, Chardonnay), le bouillon de légumes, le persil frisé moulu.
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Portez à ébullition et laissez cuire à gros bouillons 20 minutes puis coupez la source d'énergie.
Dans une autre casserole, montez un roux blond avec le beurre et la farine, mouillez-le avec le jus obtenu précédemment.
Versez le cognac, poivrez et salez ; laissez frémir quelques minutes.
Plongez les tronçons d'anguille, puis au bout de 10 minutes de cuisson, ajoutez les champignons coupés en deux (dans le sens de la hauteur).
Laissez cuire encore 10 minutes en mélangeant fréquemment et servez.
Des pommes de terre à l'eau peuvent très bien accompagner ce plat.
Vin d'accompagnement : Pinot gris ou noir.
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