
Les
poissons de rivière ont, principalement à la fin du siècle
dernier, constitué une part non négligeable de la nourriture
des campagnes françaises et tout particulièrement de la
Bretagne.
Telle
ferme finistérienne stipulait dans le contrat d'embauche du "premier
commis" qu'il ne lui serait pas servi plus de 3 repas de saumon par
semaine ... Telle autre ferme, dans une autre région, admettait
que la carpe ne devait pas être servie plus de quatre fois par
mois, faute d'être rejetée par les convives ...
Bref,
notre indifférence à l'égard du patrimoine halieutique,
notre méconnaissance des réseaux hydrauliques, notre inconscience
dans la maîtrise de nos effluents, nous ont conduits à
préférer le surimi à la chair souvent délectable
de nos poissons de rivière.
Je
ne prétends pas connaître l'ensemble des poissons de nos
rivières bretonnes, mais quand même quelques-uns, pour
avoir eu la chance dans ma jeunesse de les goûter à peu
près tous et aujourd'hui, étant pêcheur, d'en déguster
encore quelques-uns. Leur raréfaction et le fait que la
plupart d'entre eux soient interdits à la vente restreignent
bien évidemment leur impact sur la gastronomie.
Il
y a tellement de bons poissons de rivière qu'il me semble inutile
de décrire ou d'évoquer toutes les espèces, néanmoins
je considère qu'il faut rejeter ceux qui n'ont aucun intérêt
culinaire : carpe soleil, perche du Japon (au demeurant magnifique),
gobie, Dover, d'autant qu'ils participent, à leur façon,
à créer notre biotope.
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La
cuisine du poisson d'eau douce me semble méconnue, mais
découle en fait des lois françaises en matière
de pêche en eaux douces, puisque la commercialisation des
poissons sauvages de rivière est interdite sur l'ensemble
du territoire.
Néanmoins
la prolifération actuelle de certaines espèces modifie
quelque peu ces données (sandres, silures pour ne parler
que d'eux).
Mais
là encore j'attire votre attention sur le fait que la chair
des poissons de rivière est toujours très fine de
goût, et qu'il ne saurait être question d'en dissimuler
les saveurs par des préparations fortement épicées,
à moins ce qui reste évidemment possible, que le
support ne serve justement qu'à nous faire découvrir
de nouveaux horizons gastronomiques.
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